Prier les fées, te faire venir… Grandir… Dans le noir.

Dégoûté par le moi, par le reflet que je me renvoie encore et toujours. Parfois envie d’arrêter là, ou de mettre la pause pour respirer un coup tout en sachant que le monde ne m’attendra pas pour repartir. J’aimerais être avec toi encore et encore, et sourire, être le type sur la photo, je te jure que j’essaie. À croire que je suis pas fait pour même si j’en garde des souvenirs impérissables.

Et il y en aura d’autres, et il y aura toujours ce même sentiment de solitude dans l’après, parce que nos sourires s’éteignent toujours une fois l’heure de partir. J’aurais voulu devenir quelqu’un, savoir aller au bout de mes projets, de mes rêves, savoir garder mes espoirs vivants même quand l’univers s’acharne à vouloir les abattre. Mais je ne suis pas comme ça. Je ne serais sans doute jamais de ceux qui attirent les regards et qui malgré tout continuent droit sur leur chemin, qui ont un but et une pêche d’enfer, toujours d’aplomb, solides comme la roche.

Je ne crois pas qu’on puisse changer sa nature profonde. C’est bien trop complexe, trop ancré dans le temps pour vraiment pouvoir disparaître. Et si vraiment je suis fait pour être asocial, alors tout peut s’arrêter là. J’irai, par delà tout ça, là où, si j’en ai une, m’attend ma place, au milieu d’autre enfants autistes déçus d’avoir trop tenté de cacher leur vraie nature.

J’aurais pu y croire pourtant. En manque de tout, et combler ces manques par n’importe quoi, se gaver de soirées, de souvenirs flous et ratés parce que trop bourré on aura fait n’importe quoi. Y retourner encore et encore, se dire que ça ne vaut pas la peine, puis y aller quand même. Encore, et encore, cercle vicieux. Un verre en entraine un autre, les fêtes s’enchaînent naturellement… Deux ans déjà. Je crois que j’en ai fini avec ça. Alors comment combler ce manque maintenant ? Incertitude totale puisqu’au sens littéral je ne sais même pas où je serais dans deux mois. Plus le temps de s’attacher car l’envol est pour bientôt. Un envol macabre vers un espoir bafoué d’avance. J’ai peur.


On apprendra à se ressembler, perdus au fin fond des forêts… Dans le noir.

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