Up, down, turn around. Please don’t let me hit the ground.

Nous vivions une drôle d’époque. Tout était industrialisé, nous portions tous le même jean made in China, buvant du Coca-Cola américain tout en pianotant nos téléphones Taiwainais; la promotion du culte des apparences avait poussé les actrices pornos à s’habiller comme des collégiennes dans un premier temps, mais c’était avant que les collégiennes ne s’habillent comme des actrices porno. On nous vendait du sexe dans les publicités pour le yahourt, le sous-vêtement féminin se devait d’être le plus petit possible tandis que son pendant masculin était facturé vingt fois sa vraie valeur car il était indispensable d’avoir un grand nom inscrit dessus. On portait des pantalons trop grands qui nous donnait l’air de s’être chié dessus afin de plaire à d’autres attardés qui, comme nous, trouvaient ça normal de perdre sa virginité à 14 ans dans les toilettes des boîtes de nuit. Emmener sa copine à McDonald’s devait peu à peu devenir le comble du romantisme dans la population jeune que les médias nous vendaient comme tellement belle, tellement bien, tellement plus cool que la génération précédente qui, décidément, n’avait rien comprit.

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Go ahead! Say it! You’re leaving…

Solitude intermittente, dépaysement de courte durée, les choses ici ne sont pas si différentes mais n’ont pourtant rien à voir. Après un faux départ, mon année semble avoir trouvé son rythme de croisière. Toujours rien de très neuf sous le soleil absent, le vide qui grandit au fur et à mesure que les nuages couvrent l’astre sus-nommé. Mon regard embrumé par des nuits trop courtes passées à rien faire, la pluie tombe et emporte le mégot que je viens de jeter au sol. Demi-tour, démarche lente de celui qui ne va nulle part, pleine lune, des rires au loin et contraste entre deux mondes. Routine subie, pensées éloignées du réel. Le générique est bel et bien finit, je suis l’acteur de la suite bidon de ce qui fut ma vie. Ça n’intéresse personne, il n’y a rien à en dire.

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