Et je pourrais rester longtemps ici, à regarder ma page blanche, me demandant comment la remplir. À me demander ce que je fais là, si j’ai vraiment envie de faire ça. J’aurais voulu (me) faire croire que tout va bien. Ferme-la. Je n’ai pas eu de grande renaissance, pas de rédemption. Je pensais avoir touché le fond depuis longtemps, et telle était ma volonté. Prendre appui, mieux revivre, et si c’était des conneries ?

Illusion de bonheur, se croire un peu plus fort, l’eau qui dort, ne pas faire de vague et se focaliser sur ce que l’on souhaite. Le bonheur, simple comme bonjour ? Connerie. J’emmerde le sommeil qui ne vient pas malgré la fatigue, la faim sans l’envie de manger. J’emmerde la tranquillité hostile des murs qui m’entourent. J’emmerde l’amour, cet épouvantail longtemps souhaité pas foutu de me donner le sourire. J’emmerde l’affection vaine, le sexe à répétition. J’emmerde toutes ces déclarations qui sonnent creux, le narcissisme par autrui. J’emmerde mon incapacité à l’épanouissement, ma procrastination. J’emmerde ce monde qui me semble tellement intolérable.

Et il y a toujours cette impression d’être fait pour autre chose, l’appel enchanteur d’un ailleurs hypothétique, promesse idyllique d’un sourire retrouvé. Et j’emmerde l’espoir mort-né. J’emmerde ma vie, tellement et trop peu tragique à la fois. J’emmerde la sécurité dont je ne sais me défaire et qui me bouffe au quotidien. Au delà de toute mémoire, à la recherche du jamais eu, de l’inexistant, à la poursuite d’un mirage oublié, oasis de rêve dans le grand désert de la réalité. Et tout s’effrite, le sable ruisselle entre mes doigts tremblant. J’ai vraiment cru que tu pourrais me sauver. Quand tout n’est qu’illusion, ce n’est même pas de la nostalgie, juste de la pure frustration.

J’aurai pu mourir je continue de me demander si je n’aurais pas mieux fait d’y passer. Qui sait quels univers merveilleurs nous attendent de l’autre côté ? Et si néant il y a, peut-être cela est-il pour le mieux ? Mais ce n’était même pas épique, pas un poil de poétique. Une glissade sur la chaussée, et si quelques mètres de plus m’avaient sauvé ? L’impression d’être déjà mort, que les bonnes choses sont passées. Semblant d’euphorie sous substances psychotropes… Que puis-je faire d’autre ? Beaucoup ont essayé, mais toi, tu pense pouvoir me sauver ? Essaie un peu pour voir.


But just tonight I won’t leave, I’ll lie and you’ll believe.

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2 commentaires

musicetcie · 23 janvier 2011 à 21:44

Tiens, c’est marrant, ça, tu t’arrêtes à « you’ll believe »…
T’aurais pu aller jusqu’à la fin de ce petit couplet, qui allait bien aussi !
Nan? Enfin, il semble que tu penses aussi que c’est un peu de ta faute finalement…
-Just watch « the clock ticking your time », don’t break the count down, so that it’d be faster for you to know what’s…next. Maybe it wouldn’t be the solution-

Simon · 23 janvier 2011 à 22:05

Mouais, j’aurais pu mais ça devait pas coller à mon état d’esprit du moment.

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