Et qu’on cherche encore à me faire croire à un sens après ça. Qu’on me dise que ça vaut la peine de lutter. Bataille vaine dans mon esprit, de mots qui ne peuvent trouver leur chemin. Qu’on me parle encore de lendemains quand les réveils sont aussi rudes. Je pourrais écrire des pages et des pages, encrer ces souvenirs encore une fois. Refuser d’accepter, d’oublier, j’ai tout connu avec toi que j’aurais voulu immortelle. S’entêter à se vouloir exceptionnels pour te voir partir de la plus con des morts.

Et quand la vie est aussi fragile, que me reste-t-il si l’être même qui m’a fait homme n’est plus qu’un nom sur une plaque de marbre ? À se sauver la vie mutuellement, à avoir été ma raison de vivre, tant de moments qui paraissent encore plus loin à mesure que la vérité se dévoile, se réalise. Prendre conscience que c’est bel et bien terminé, que si j’ai cru un jour que tu aurais ma peau, c’est bien la route qui a eu la tienne.

Ces parties de toi qui demeurent en moi, souvenirs brûlants devenus douloureux, une partie de moi perdue à jamais et c’est à travers toi que je mets un pied dans la tombe. Les choses ne seront plus jamais les mêmes, tu fais chier, et c’est juste intolérable que la terre continue de tourner.

Juste, personne ne m’a apprit autant. Personne ne m’a jamais autant manqué. Un putain de gouffre Ju, c’est tout ce qui reste. Et si je te survivrais, jamais personne ne pourra te remplacer. Garde moi une place sur ton nuage, t’es en moi pour toujours, et me voilà encore une fois orphelin.

Justine
1991 – 2011


And the ground below grew colder as they put you down inside. But the heartless wind kept blowing, blowing…

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14 commentaires

Reyemneirda · 27 janvier 2011 à 06:21

Beau design site sympa mais grossis la police d’ecriture car a part en faisant ctrl+ c’est complique de lire ! A bon entendeur

Mademoiselle A. · 4 février 2011 à 03:19

Ce serait mal placé de dire que c’est une excellente prose. Mais je ne peux passer sous silence que ces mots crus mais délicats me touchent. C’est la première fois que je viens ici, mais viens proche que je te serre dans mes bras.

Simon · 5 février 2011 à 13:26

Désolé pour le retard de publication Mademoiselle A., je crois qu’Akismet ne t’apprécie pas. Merci d’être passé anyway.

Reyemneirda, je pense rechanger de thème dans pas longtemps de toute façon.

Lydia · 12 février 2011 à 03:53

Bon courage, dit-elle avec la larme à l’oeil.

Simon · 12 février 2011 à 15:24

Thx, merci d’être passé.

Je ne veux pas · 13 avril 2011 à 21:26

Je passe juste. Et j’aime beaucoup. C’est beau et épuré, ni lacunaire, ni plombant. C’est léger, ça tombe, doucement, virevoltant de ci de là. Puis ça finit par se poser à la surface de l’eau, sans créer un seul remous.

Pourtant, ça hurle, ça crie, ça se déchire et ça griffe. C’est violent, ce sont des coups qui s’abattent sur un visage et le défigure. C’est un manque d’air, un peu comme des poumons qui s’emplissent d’eau. C’est vraiment beau.

Enfin, je le ressens comme ça.

Simon · 5 mai 2011 à 02:03

@ Je ne veux pas // J’ai beaucoup aimé ton commentaire.

Mes lents colis · 5 mai 2011 à 05:22

Tu écris toujours aussi bien.
Je l’avais déjà lu ce billet mais il ne m’avait pas fait le même effet.
Intentionnellement ou pas, c’est plein de détresse. C’est beau certes, mais c’est plus triste qu’autre chose. On ne s’attarde pas sur la pureté des mots, on a juste envie de t’aider, de te dire que ça va aller.
Mais ça n’ira plus jamais comme avant n’est-ce pas ? Perdre quelqu’un dont on est proche, c’est perdre une part de soi, de son innocence. Dire que ce n’est pas facile est un euphémisme, dire que c’est injuste encore plus. Alors que reste t-il à dire ? Je ne sais pas. Juste prends soin de toi et ne laisse pas les idées noires t’obscurcirent. Il a toujours un après et un mieux.

Je ne veux pas · 6 mai 2011 à 13:33

Alors, j’ai le droit de revenir, encore et encore, m’abîmer dans tes mots ?

Simon · 6 mai 2011 à 15:05

@ Mes lents colis Bien résumé, merci d’être passé.

@ Je ne veux pas Pas sûr que ça te fasse du bien, mais oui.

Je ne veux pas · 6 mai 2011 à 19:56

J’ai une grande théorie : on écrit vraiment bien uniquement lorsque l’on souffre. Donc, plus on souffre, plus les mots sont incisifs et tranchants, plus ils ont d’effets et plus ils s’envolent, pour essayer d’approcher la perfection.
Après, ce n’est qu’une hypothèse. Et puis, je ne cherche pas à aller bien. (Merci.)

Simon · 6 mai 2011 à 20:00

« J’ai constaté que la douleur était une bonne source d’inspiration
Et que les zones d’ombre du passé montrent au stylo la direction
La colère et la galère sont des sentiments productifs
Qui donnent des thèmes puissants, quoi qu’un peu trop répétitifs
A croire qu’il est plus facile de livrer nos peines et nos cris
Et qu’en un battement de cils un texte triste est écrit
On se laisse aller sur le papier et on emploie trop de métaphores
Pourtant je t’ai déjà dit que tout ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts »
(Grand Corps Malade – Je dors sur mes deux oreilles)

Tu écris également ?

Je ne veux pas · 7 mai 2011 à 08:30

Parfois, cela dépend. Certaines fois, beaucoup, et d’autres vraiment peu. Mais je préfère plutôt jouer avec des personnages. Pour les faire souffrir tout mon soûl et les regarder gémir et tomber, les uns après les autres. Mais c’est encore maladroit, et pas vraiment digne d’être lu. Mon trait est maladroit.

Mallory · 8 janvier 2012 à 20:35

Elle manque, putain.

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