Qui suis-je ? Que suis-je ? Naître humain et se découvrir coquille, enveloppe désespérée cherchant âme pour l’habiter. Couvrir le manque, encore, futilités innocentes, et vouloir croire, encore, que quelque chose viendra me sauver. Si sens il y avait, tu l’a bel et bien emporté, et qu’il est difficile d’arpenter la plaine après avoir connu l’ivresse des sommets. Prends-moi par la main, faisons le encore une fois. Et je me sentirais vivre en te regardant mourir, dépérir lentement, et moi de m’en vouloir de n’avoir su te sauver. Et que reste-t-il, sinon l’écume de mes souvenirs glissant entre mes doigts ? La vie s’écoule, la danse est finie mon ange, appellation littérale, une fois n’est pas coutume.

Le poids des non-dits, des non-actes, de toutes les occasions manquées, remises à plus tard, tu pense qu’il s’agit de toi mais le temps n’a rien changé, je suis parti avec toi et mon spectre hante les restes de ce qui jadis était ma vie. Parce qu’il n’y a personne à blâmer, aucune accusation à porter. Parce que j’aurais voulu m’en foutre. Parce qu’il n’y a pas de leçon à en tirer et que j’aurait voulu que ça aie un sens. Parce que quatre mois après je sens encore ta présence pourtant oubliée pendant de longues années.

J’ai cru, pourtant, avoir trouvé ma vérité, un sens, une raison à cette existence. Je pensais m’épanouir sur le chemin faute de savoir où il me mènerait, je croyais, franchement, en avoir fini avec ces conneries. Il est peut-être temps d’admettre que mon existence n’est qu’une gigantesque crise existentielle. Inaptitude au bonheur, chaque jour un peu plus. Et si les rires passent, jamais ils ne durent, tout s’écroule, implose, vole en éclat. J’ai toujours brisé ce que je touchais, inaptitude au bonheur, et si c’était la dernière fois ?

Platitude. Quand plus rien n’arrive, que la peur s’installe, être monté trop haut, trop vite, plus dure sera la chute et c’est ici que tout finira. S’il y a un repos éternel, que fais-je encore ici ? Trop de moi est déjà parti, l’avenir semble inexistant. Une fée, un ange, n’importe quoi. Les dernières amarres se détachent et plus rien, bientôt, ne freinera mon envol.

Je ne veux pas oublier, je ne veux pas classifier. Je ne veux pas partir, ni vivre ici. Entre-deux. Ce n’est rien juste qu’une petite mort. Ombre fugace de ce que j’étais, de ce que j’aurais voulu être, je flotte, en sursis, et la douleur ne part pas. J’aurais voulu pleurer, hurler, frapper, déchirer, détruire. J’aurais voulu que l’on me prenne au sérieux. J’aurais voulu de l’aide, peut-être même m’en sortir. Ténèbres et solitude, encore, et peut-être cela est-il pour le mieux.


I won’t remember your face, I can’t remember your frown because I’ll drown in your deep pink water.

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1 commentaire

Je ne veux pas · 11 mai 2011 à 21:21

Les coquilles… Sont des gens qui se croient pleins. La Mouette me dit « Toi, tu voles, tu es en haut, tu parcours le ciel de part en part, et tu le troues de tes ailes tranchantes. Quant à moi, je suis les deux pieds par terre, et je te regarde planer. »

A cela, on ne peut que dire non. Pas forcément parce que l’on nie qu’il va mal, mais parce que l’on nie que l’on va bien. On se croit tous vides, c’est pour cela qu’on est tous pleins, au moins un peu. Tu ne crois pas ? C’est ce que j’essaie de me dire, quand la vérité est trop criante.

Mais bon, c’était une réflexion inutile.

Je ne veux pas · 11 mai 2011 à 21:21

Les coquilles… Sont des gens qui se croient pleins. La Mouette me dit « Toi, tu voles, tu es en haut, tu parcours le ciel de part en part, et tu le troues de tes ailes tranchantes. Quant à moi, je suis les deux pieds par terre, et je te regarde planer. »

A cela, on ne peut que dire non. Pas forcément parce que l’on nie qu’il va mal, mais parce que l’on nie que l’on va bien. On se croit tous vides, c’est pour cela qu’on est tous pleins, au moins un peu. Tu ne crois pas ? C’est ce que j’essaie de me dire, quand la vérité est trop criante.

Mais bon, c’était une réflexion inutile.

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