« L’herbe était-elle plus verte chez le voisin ? » Perché au dernier étage d’une tour HLM, la question avait, exception faite des quelques pieds de beuh que l’on pouvait apercevoir ça et là sur les balcons, une pertinence proche de zéro. La véritable question qu’il se posait à cet instant était plutôt de l’ordre de « L’herbe était-elle plus verte à Poitiers ? »

L’ensemble des démarches administratives était pratiquement réglé et son petit duplex étudiant attendait sagement l’arrivée des meubles, prévue pour le lundi suivant. Tout un univers universitaire s’ouvrait à lui et son imagination battait constamment des records de vitesse.

Tantôt tragiques, tantôt idylliques, les divers scénarios qui lui traversaient l’esprit ne se réaliseraient sans doute jamais. Avec de la chance, ce qui arriverait dépasserait ses espérances les plus folles. Avec une probabilité légèrement plus élevée cependant, quelque chose allait foirer, quelque chose foirait toujours.

C’est le propre de l’être humain que d’établir des prévisions futures basées sur une expérience passée, et jusqu’ici, rien dans sa vie ne s’était passé réellement bien. Oh, il n’était bien sûr pas plus malheureux qu’un autre, et même, une certaine joie le prenait parfois en regardant en avant. Loin de faire preuve d’un incurable pessimisme, son attitude s’approchait plutôt d’un pragmatisme forcené.

Il ne savait pas trop ce qui l’avait poussé à s’engager dans une licence de langues. Il s’était dit que cela serait sans doute divertissant de jouer à l’étudiant quelque temps. Si le choix du cursus avait été plus ou moins l’oeuvre d’un curieux hasard (celui-là même qui lui avait valu, et ce, sans effort particulier, de ne rater la note maximale que d’un point lors de l’épreuve d’Anglais du baccalauréat), le choix du cadre en revanche avait été un peu plus rationnel.

S’ouvrir aux douceurs poitevines, c’était la certitude de retrouver quelques amis fidèles et pas mal de connaissances de ses années lycée. Il est toujours rassurant d’avoir quelques éléments connus auxquels se raccrocher lorsque l’on plonge dans un nouvel environnement, cela ne faisait aucun doute dans son esprit. Il avait déjà en tête quelques idées de retrouvailles agréables.

La première et sans doute la plus importante concernait sa petite amie du moment, dont la proximité nouvelle rendrait bien plus aisée la tenue convenable d’une relation amoureuse saine et épanouissante. Venaient ensuite d’autres éléments d’importances diverses et, si quelques idées d’apéritifs avaient vaguement été abordées, il ne savait absolument pas à quoi s’attendre réellement.

S’il était indéniable que les incertitudes restaient nombreuses, et même si le chemin qui l’avait mené jusqu’ici ne le poussait pas à faire preuve d’un optimisme à toute épreuve, il ne pouvait s’empêcher, alors qu’il ajoutait la dernière note à ce texte d’une qualité somme toute assez douteuse, d’éprouver une certaine impatience — d’aucuns diraient de l’excitation — au regard de ce qui se profilait devant lui. Il était indubitablement serein et accueillerait la vie avec le meilleur regard qu’il pourrait encore lui donner.


I… I don’t know why you… you make me better… I don’t know how but I’m happy now.

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2 commentaires

Autrui · 28 août 2011 à 11:35

Depuis le temps que j’en voulais un, de nouveau texte… Qualité légèrement plus douteuse que certains autres, mais qualité tout de même ;P

Mazzarin · 28 août 2011 à 17:26

Le texte est léger, vite fait certes :P. J’aime bien. On voit un peu de soleil dans ton blog.

Autrui · 28 août 2011 à 11:35

Depuis le temps que j’en voulais un, de nouveau texte… Qualité légèrement plus douteuse que certains autres, mais qualité tout de même ;P

Mazzarin · 28 août 2011 à 17:26

Le texte est léger, vite fait certes :P. J’aime bien. On voit un peu de soleil dans ton blog.

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