On peut remettre la musique et faire comme si rien n’avait changé, mais il existe un endroit où elle ne s’est jamais tue, où le temps s’arrête régulièrement pour mieux reprendre son cours, où la normalité n’est bonne que pour ceux qui la choisissent, et j’avais décidé de ne pas être de ceux-là. C’était le temps des prises de conscience, la redécouverte d’un plaisir oublié, on pouvait tout laisser aller en étant plus responsable que jamais.

Parce qu’on avait repris le droit de tracer nos trajectoires, jamais très droites, toujours palpitantes, le quotidien était une routine suffisamment variée et les expériences qui le jalonnaient savaient avoir raison de mon cynisme. Les belles rencontres, celles qui le sont moins, les folles soirées enchaînées sans savoir pourquoi, tout cela avait eu une raison, mais c’était avant que le rationnel parte en fumée.

L’hypocrisie servait de tombeau à la loyauté, le roulement incessant des rencontres et incompatibilités quand le rapprochement de l’un sert d’excuse au départ de l’autre. Les relations se créaient pour mieux se défaire, mais pas la nôtre. Alter ego de mes vices, complice de ma folie, nous fumions le monde sans aucun scrupule, buvions la vie jusqu’à plus soif. Nous régnions sur notre enfer et le ciel pouvait bien attendre. À rêver de lendemains qui chantent au milieu des aujourd’hui pluvieux, on avait mis la barre très haute, mais le meilleur restait toujours à venir. C’était à celui qui descendrait le plus bas, qui rebondirait le plus haut. On ne voulait pas décrocher les étoiles, juste changer d’atmosphère.

Il n’y avait plus de fatalité. Tout irait toujours plus vite, nous irions encore plus loin.

Nous étions de ces jeunes aveuglés par la sensation de contrôle propre aux premières indépendances. Nous savions que la réalité nous confronterait à nouveau tôt ou tard et que l’on devrait alors rendre nos comptes.

Nous savions aussi que l’on vivait là nos plus beaux instants.


But I don’t think I can be anything other than me.

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11 commentaires

Autrui · 3 avril 2012 à 20:56

As usual, j’adore. Je suis un peu en retard, cette fois.

Comment dire… Je ne me lasse pas de lire, relire, tous, absolument tous tes textes. Celui-ci, j’ai dû le lire trois fois, au moins. Et il ne sera pas en reste, par rapport aux autres.

Faudra que je t’appelle, que tu me laisses un peu de temps, pour parler.

Je ne veux pas. · 7 avril 2012 à 15:24

Il y a parfois, où l’impression que ce que tu écris n’est pas destiné à tout le monde, m’empêche de donner un retour.
Pourtant, cette fois, l’envie l’emporte. Parce que tes textes portent ces sensations, ces émotions que je recherche, et pour lesquelles je donnerais père et mère. Nulle part ailleurs encore je ne les ai trouvées, ou peut-être juste dans la lutte et les rêves impossibles. Mais puisque j’y renonce peu à peu, tes textes restent les seuls vecteurs de cette énergie.
Tout ça pour dire que comme chaque texte ici, celui-ci est magnifique. Magnifique au sens où l’harmonie règne, où les mots s’enchaînent sans accrocs. Là où d’autres se heurtent et se déchirent, les tiens forment une entité unie ; ils ne tentent pas, employant dissonances et autres procédés désordonnés, de se démarquer des autres. Et c’est en s’unissant si bien que tes mots atteignent cette efficacité élégante.
En presque un mot, j’aimerais t’admirer.

saymonz · 20 mai 2012 à 08:42

Ce que j’écris est destiné à tout le monde, sinon ça ne serait pas public !

Oui, c’est vague, toujours. Je crois que j’aimerais bien voir l’interprétation qui peut être faite derrière, comment le lecteur s’imagine les faits concrets (il y en a toujours) qui ont abouti à ces textes. Ton commentaire me fait plaisir dans le sens où c’est exactement les sensations que j’aime créer chez l’autre, tout autant que j’aime les ressentir.

Il y a parfois, aussi, le désir de savoir ce qui ce cache derrière ces pseudonymes, qui sont ces gens qui « ne veulent pas ». Je ne sais pas si j’ai envie d’être admiré, mais ça fait maintenant plus d’un an que tu hante ces lieux. Je crois que tu m’intrigue autant que tu peux l’être par moi et mes écrits.

Je ne veux pas. · 20 mai 2012 à 21:45

Plus d’un an, déjà ? Ca me parait bien long. C’est peut-être trop long pour « ne pas vouloir ». Je ne sais pas si tu as envie d’être admirer, et je ne sais pas si je t’admire. J’aimerais t’admirer, c’est certain. Mais mon sentiment par rapport à toi se rapproche plus de la fascination. Oui, je suis intriguée, et je le serais sûrement toujours. Après, quel est le mieux ? Trouver ce qu’il y a derrière tout ce qui intrigue, ou rester intrigué(e) ? C’est difficile de choisir.
Parfois, j’aimerais savoir ce qu’il y a derrière tes mots, mais d’autres fois, je préfère imaginer. Imaginer ce qu’il se passe derrière tout ça, tous tes mots, c’est presque plus plaisant que de savoir la vérité. Enfin, je crois. Parce qu’en imaginant, on peut tout réécrire, des centaines et des centaines de fois, sans être cantonné à la vérité vraie.
Après, me dévoiler moi, dire avec des mots ce que je suis, qui je suis, c’est peut-être l’une des choses les plus dures qu’il est donné de faire. Réussirais-tu, toi, à dire de façon concise et claire, ce qu’il y a derrière tes mots, ce qu’il y a derrière ton pseudonyme ? Pour ma part, je ne sais absolument pas. Déjà, serais-je capable de trouver ce qu’il y a derrière Je ne veux pas. ? Il y a moi, c’est sûr, mais y a-t-il moi en partie ou en totalité, suis-je restreinte à ce pseudonyme, ou suis-je plus ? Est-ce que j’en déborde ? Est-ce que les gens débordent de leur dénomination ? Cela dépend-t-il du point de vue ?
Toutes ces choses, ce sont tellement de choses que je ne sais pas, que je n’arrive pas à savoir. Ca peut-être parfois si frustrant.
Mais je m’éloigne de ce dont je parlais. Que j’ai oublié, d’ailleurs.

saymonz · 21 mai 2012 à 03:57

Les mythes sont faits pour être brisés. C’est là la preuve de leurs faiblesses, c’est également là leur but ultime, celui d’être un mythe parfait, d’atteindre le statut de héros, de légende. De survivre à la confrontation des faits pour en ressortir encore meilleur.

Sachant cela, il est probablement préférable que je laisse mon petit mythe personnel exister tranquillement au crépuscule tumultueux de ton imagination que je me figure florissante.

Je ne veux pas. · 21 mai 2012 à 19:55

C’est amusant comment les évènements s’enchainent. Alors que je change d’avis. Alors qu’on m’a exhortée, suppliée, aujourd’hui, de recommencer à vivre, alors qu’on m’a ordonné de briser toutes mes illusions et de tuer les mythes qui m’entourent, tu décides de me laisser à mes rêveries.
C’est une situation ironique, quand même.

saymonz · 21 mai 2012 à 22:48

À toi de voir. Tu as le droit de vouloir, je ne pourrais pas t’en empêcher. Et vivre, c’est bien.

Je ne veux pas. · 21 mai 2012 à 23:19

J’aimerais bien.

saymonz · 21 mai 2012 à 23:20

Alors procède.

Je ne veux pas. · 21 mai 2012 à 23:23

Comment je fais ?

saymonz · 21 mai 2012 à 23:41

Les moyens de me contacter ne manquent pas. Tu as le choix des armes !

Autrui · 3 avril 2012 à 20:56

As usual, j’adore. Je suis un peu en retard, cette fois.

Comment dire… Je ne me lasse pas de lire, relire, tous, absolument tous tes textes. Celui-ci, j’ai dû le lire trois fois, au moins. Et il ne sera pas en reste, par rapport aux autres.

Faudra que je t’appelle, que tu me laisses un peu de temps, pour parler.

Je ne veux pas. · 7 avril 2012 à 15:24

Il y a parfois, où l’impression que ce que tu écris n’est pas destiné à tout le monde, m’empêche de donner un retour.
Pourtant, cette fois, l’envie l’emporte. Parce que tes textes portent ces sensations, ces émotions que je recherche, et pour lesquelles je donnerais père et mère. Nulle part ailleurs encore je ne les ai trouvées, ou peut-être juste dans la lutte et les rêves impossibles. Mais puisque j’y renonce peu à peu, tes textes restent les seuls vecteurs de cette énergie.
Tout ça pour dire que comme chaque texte ici, celui-ci est magnifique. Magnifique au sens où l’harmonie règne, où les mots s’enchaînent sans accrocs. Là où d’autres se heurtent et se déchirent, les tiens forment une entité unie ; ils ne tentent pas, employant dissonances et autres procédés désordonnés, de se démarquer des autres. Et c’est en s’unissant si bien que tes mots atteignent cette efficacité élégante.
En presque un mot, j’aimerais t’admirer.

saymonz · 20 mai 2012 à 08:42

Ce que j’écris est destiné à tout le monde, sinon ça ne serait pas public !

Oui, c’est vague, toujours. Je crois que j’aimerais bien voir l’interprétation qui peut être faite derrière, comment le lecteur s’imagine les faits concrets (il y en a toujours) qui ont abouti à ces textes. Ton commentaire me fait plaisir dans le sens où c’est exactement les sensations que j’aime créer chez l’autre, tout autant que j’aime les ressentir.

Il y a parfois, aussi, le désir de savoir ce qui ce cache derrière ces pseudonymes, qui sont ces gens qui « ne veulent pas ». Je ne sais pas si j’ai envie d’être admiré, mais ça fait maintenant plus d’un an que tu hante ces lieux. Je crois que tu m’intrigue autant que tu peux l’être par moi et mes écrits.

Je ne veux pas. · 20 mai 2012 à 21:45

Plus d’un an, déjà ? Ca me parait bien long. C’est peut-être trop long pour « ne pas vouloir ». Je ne sais pas si tu as envie d’être admirer, et je ne sais pas si je t’admire. J’aimerais t’admirer, c’est certain. Mais mon sentiment par rapport à toi se rapproche plus de la fascination. Oui, je suis intriguée, et je le serais sûrement toujours. Après, quel est le mieux ? Trouver ce qu’il y a derrière tout ce qui intrigue, ou rester intrigué(e) ? C’est difficile de choisir.
Parfois, j’aimerais savoir ce qu’il y a derrière tes mots, mais d’autres fois, je préfère imaginer. Imaginer ce qu’il se passe derrière tout ça, tous tes mots, c’est presque plus plaisant que de savoir la vérité. Enfin, je crois. Parce qu’en imaginant, on peut tout réécrire, des centaines et des centaines de fois, sans être cantonné à la vérité vraie.
Après, me dévoiler moi, dire avec des mots ce que je suis, qui je suis, c’est peut-être l’une des choses les plus dures qu’il est donné de faire. Réussirais-tu, toi, à dire de façon concise et claire, ce qu’il y a derrière tes mots, ce qu’il y a derrière ton pseudonyme ? Pour ma part, je ne sais absolument pas. Déjà, serais-je capable de trouver ce qu’il y a derrière Je ne veux pas. ? Il y a moi, c’est sûr, mais y a-t-il moi en partie ou en totalité, suis-je restreinte à ce pseudonyme, ou suis-je plus ? Est-ce que j’en déborde ? Est-ce que les gens débordent de leur dénomination ? Cela dépend-t-il du point de vue ?
Toutes ces choses, ce sont tellement de choses que je ne sais pas, que je n’arrive pas à savoir. Ca peut-être parfois si frustrant.
Mais je m’éloigne de ce dont je parlais. Que j’ai oublié, d’ailleurs.

saymonz · 21 mai 2012 à 03:57

Les mythes sont faits pour être brisés. C’est là la preuve de leurs faiblesses, c’est également là leur but ultime, celui d’être un mythe parfait, d’atteindre le statut de héros, de légende. De survivre à la confrontation des faits pour en ressortir encore meilleur.

Sachant cela, il est probablement préférable que je laisse mon petit mythe personnel exister tranquillement au crépuscule tumultueux de ton imagination que je me figure florissante.

Je ne veux pas. · 21 mai 2012 à 19:55

C’est amusant comment les évènements s’enchainent. Alors que je change d’avis. Alors qu’on m’a exhortée, suppliée, aujourd’hui, de recommencer à vivre, alors qu’on m’a ordonné de briser toutes mes illusions et de tuer les mythes qui m’entourent, tu décides de me laisser à mes rêveries.
C’est une situation ironique, quand même.

saymonz · 21 mai 2012 à 22:48

À toi de voir. Tu as le droit de vouloir, je ne pourrais pas t’en empêcher. Et vivre, c’est bien.

Je ne veux pas. · 21 mai 2012 à 23:19

J’aimerais bien.

saymonz · 21 mai 2012 à 23:20

Alors procède.

Je ne veux pas. · 21 mai 2012 à 23:23

Comment je fais ?

saymonz · 21 mai 2012 à 23:41

Les moyens de me contacter ne manquent pas. Tu as le choix des armes !

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