J’avais encore parfois la nostalgie des heures passées, l’impression que nos moments avaient perdu leur intensité. Trouver ma place avait soufflé la flamme mais les braises cherchaient toujours plus d’oxygène. Car j’avais trouvé ma place, pas celle dont j’avais pu rêver, ni sauveur ni à sauver, je traçais mon chemin à travers les tumultes de la vie. Il y avait toujours quelques écarts, mais seuls les poissons morts se laissent porter par le courant.

L’utopie avait laissé place à la sérénité, Tout n’était pas à jeter. J’avais assez bravé les ombres pour savoir apprécier la lumière quand elle se présentait. Je voulais continuer à y croire, et peu m’importait que la réalité ne m’approuve pas toujours. Je ne voulais plus être quelqu’un d’autre, juste meilleur, et si je courrais toujours derrière un idéal, je m’étais fait à l’idée que nos trajectoires se rapprocheraient sans jamais se croiser.

Il y avait toujours le chaos dans ma tête, le doute, le futur qui m’arrive dans la gueule, les haut, les bas, pas mal de lignes droites. Le temps s’accélère et je cherche encore à le saisir au mieux, à maîtriser les oscillations capricieuses du destin. Donner un sens à mon existence au milieu de l’absurdité, faire la part des choses entre ceux qui sont là et ceux qui le seront, se rappeler que tout ce qui commence a une fin et qu’ici se trouve celle d’un mythe, mon mythe.

Et mon combat restera encore de préserver mes idéaux malgré toutes les concessions déjà effectuées face à une société qui semble ne jamais vouloir arrêter de brimer les rêveurs. Faire juste ce qu’il faut, hurler avec les loups le temps de l’acceptation pour mieux entretenir les transgressions qui m’animent. Car dans vos vies tout semble trop tranquille, le piège de la maturité, le poids des responsabilité, il faudra composer avec tout ça tout en gardant mon humanité. Tout ça n’est ni fait ni à faire, juste à garder sous surveillance constante.

Ne jamais se réveiller en se demandant où sont passées les années.
Minimiser les regrets et fertiliser l’espoir qui parcourra toujours nos esprits.


À hurler du silence, sûr qu’on entend plus rien.

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