Salut internet, ça va bien depuis trois ans ? Moi, bof, alors pas d’intro on va sauter en plein dedans.

J’emmerde mon boulot, tous ces idiots pas foutus de comprendre des choses simples, celui qui me dit de m’accrocher à ce taf qui a failli le tuer, celui qui se plaint de ne pas réussir à tromper sa femme enceinte, qui ne voit pas que j’ai envie de le frapper quand il m’en parle. J’emmerde les clients pas foutus de laisser trois centimes de monnaie, ceux qui me tutoient comme si on était potes ou parce qu’ils portent une cravate, ceux qui voudraient qu’on bosse gratis, ceux qui pensent qu’on n’a pas capté qu’ils étaient alcooliques alors qu’ils ne prennent même plus la peine de commander un plat avec leurs trois bouteilles quotidiennes, et plus encore ceux qui l’assument parfaitement.

J’emmerde le soi-disant pote, sympa, sourires, qui te pousse vers la sortie, le charognard qui porte tes meubles pour rapprocher le moment où il volera ta vie. Putain de trou de balle. J’emmerde les amis qui disent qu’ils seront là, mais qui ont toujours mieux à faire, à qui je ne peux même pas en vouloir : si j’avais le choix, je ne trainerais pas non plus avec moi. J’emmerde cette famille qui répond toujours présent mais que je n’arrive pas à aimer vraiment, j’emmerde les névroses que je leur dois sûrement, j’emmerde tous leurs bons sentiments. J’emmerde la gratitude que je me dois de ressentir à leur égard sachant que je ne pourrais jamais rien leur rendre.

J’emmerde les phrases bateau qu’on me balance à tour de bras, j’emmerde le temps, censé me guérir, qui ne fait pas son office ou qui s’écoule trop lentement. J’emmerde mon ennui, moi qui pensais que j’avais tellement mieux à faire que de me consacrer à toi, ça y est, t’es plus là, et au final il n’y avait rien d’autre. J’emmerde ces quatre murs entre lesquels je vis comme à l’hôtel, où les minutes paraissent des heures.

J’emmerde l’espoir, absent aujourd’hui, rappelez plus tard, qui sera peut-être là demain, mais qui ne s’attarde jamais. J’emmerde mon cerveau malade, mon égo détraqué, qui me fait désirer ce que j’ai abandonné. J’emmerde ma rage, ce bouillonnement incessant, qui me laisse juste le temps d’espérer avant de revenir me hanter. J’emmerde la beuh qui n’arrive même plus à me soulager, les clopes qui me dégoutent après trois taffes et qui me font envie à peine éteintes. J’emmerde mes souvenirs, parce que je n’en ai qu’avec toi. J’emmerde tout autour de moi parce que tout me rappelle toi.

Alors que faire ? Que dire ? Mon monde s’écroule. Et après ? Ce n’est pas la première fois. Je toucherai le fond, et je rebondirais sûrement quand j’aurais fini de me lamenter. Il y aura d’autres souvenirs, d’autres aventures, d’autres « j’emmerde ». Je ne suis pas encore mort même si j’en ai parfois l’impression. Je veux continuer, apprendre à me comprendre, analyser notre échec, devenir meilleur. Tu es devenue ma plus grande blessure et ma plus grande motivation, je ne serais pas le dindon de cette farce, un jour viendra où je rirais de tout ça. Tout changera parce que rien ne me retient, ne me reste que l’amour que je te porte, pour combien de temps encore ? Je deviendrais celui qui aurait su te garder, et plus encore. Notre histoire est finie ? J’en écrirais une mieux, même si je dois changer tous les personnages, à commencer par le mien.


I’m in love, and always will be.

Catégories : Non classé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *