C’est un fait, je ne suis sûrement pas quelqu’un de très intéressant. Je m’attache à des gens sans rien y pouvoir, sans rien avoir à leur dire, mais leur présence m’est indispensable. Comme un masque à oxygène quand on est sous la flotte, comme un poisson dans l’eau je nage au milieu de tous ces gens devenus indispensables à ma survie. J’les aime putain, tous ces couillons qui marchent pas droit, tous ces couillons avec qui je partage ma salle de classe, les habitués du coin fumeur et les pochtrons du mercredi. J’les aime ces branleurs avec qui j’descends mon godet tout les vendredis en J001. J’voudrais qu’ça dure toujours parce que même en ces courtes vacances, ils me manquent, un peu comme un morceau de moi qu’on aurait arraché et, perdu dans ma solitude, j’attends patiemment qu’on me ramène à eux. Parce qu’ici je suis presque mort, je ne peux pas faire grand chose sans ceux qui me font exister. Ici, je ne suis rien, là bas, je suis moi.
Alors on boit, on s’éclate, on fait la fête en servant des verres trop alcoolisés à des clients déjà bourrés, et on fait le DJ, on s’amuse avec la musique et au détour d’une chanson, voilà qu’un visage oublié réapparait devant nos yeux. C’est Oasis, c’est Wonderwall et ça me fait penser à toi. C’est un peu con, je saurais même pas dire qu’on est amis, mais tu m’attire comme un aimant en attire un autre, et quand t’es là, plus aucune de mes questions n’a d’importance. La seule qui compte, c’est de savoir comment je suis dans tes yeux, comment tu peux me voir et comment je peux faire pour que tu me voie encore mieux. J’aurais envie que tu me dise que oui, je te fait le même effet, que c’est la même chose, et coller mes lèvres aux tiennes pour une seconde d’éternité perdus dans tout ce bordel ambiant qu’est devenu notre monde. Mais j’en aurais peur à la fois, peur de moi, de toi, de mes réactions à la con qui font que tout ce que j’acquiers s’en va un jour, de l’éphémère qui nous pend tout au nez. J’aurais trop peur que ça s’arrête pour vraiment avoir envie de commencer. Peur d’aimer, peur de la fin, j’en suis perdu au fond de moi, de mon tourbillon d’émotions puériles qui font que.
Puis y’a celle qui m’rappelle moi, à qui j’souhaite bonne chance dans son combat. Et ce gars qui m’fait délirer, parce qu’après tout y’a pas de saison pour rigoler. Et toute cette bande de cons dont j’peux plus m’passer avec qui on forme une classe comme on en a rarement vu passer. J’me prendrais même d’affection pour mes profs, parce que y’en a qui valent le détour. Même le plus connard d’entre eux méritera toujours un brin de respect de ma part parce qu’au fond, des couilles il en faut pour être comme ça au quotidien. J’aime mes cours, j’aime ce lycée et ce putain d’internat où plus rien n’étonnera personne. J’aime tout ça parce que là bas c’est chez moi, parce que c’est là bas que j’ai commencé à exister pour la première fois, et que tant que j’y serais, je ne vivrais que pour ceux qui, au détour d’un regard perdu, me feront exister parmi eux. J’ai toujours voulu être libre, me voilà plus dépendant que jamais. Temps pis ou tant mieux, ça peut qu’aller en s’arrangeant de toute façon.
J’ai mal à l’amour du jour, mal en dedans aux alentours, à tout c’que j’pourrais prendre comme roue d’secours… je pense encore un peu à toi… juste encore un peu mélangé…
Rien à dire, pas d’inspiration, du tri à faire dans mes pensées donc écritures bloquées. Une chanson pour patienter.