Sur mon tricycle en roues arrières, j’voudrais bien aller voir la mer…

Cher Damien,

Tout d’abord, excuse les familiarités. Excuse le tutoiement, excuse ce déballage. Tu es un ami depuis des années déjà. Ça a commencé avec les premiers amours, sur Jeunes et cons évidemment, parce que je l’étais, et aujourd’hui un peu encore. Consommer ma relation sur tes notes me donnait alors une impression privilégiée. Je voulais me croire différent, un peu rebelle aussi. Je ne voyais pas tout, et encore maintenant la cécité persiste malgré une certaine lucidité.

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…et nous partons, allez, viens.

Noircir les pages, écrire de nouveaux chapitres. L’encre coule comme le temps passe, faite de tout, de rien, de sourires et de rencontres. L’existence s’écoule, rêveur, il y aura toujours ton visage pour m’occuper l’esprit. Les gens sont bien, on pourrait dire que la vie est belle. Le cynisme se prend une claque et la méfiance tombe peu à peu. Se redécouvrir, vivant enfin, quand les murs s’écroulent et que planent les esprits. Retrouver ses envies, attentes oniriques, parce que j’ai eu plus de plaisir à vivre les deux derniers mois que l’entière année précédente. Et si tout ça n’est pas quantifiable, sans quoi j’aurais dépassé pas mal de barèmes, qu’il est bon de ne pas se méfier du lendemain. Les belles théories n’auraient pu le prédire, aucune analyse n’annonçait tout cela. En dehors de tout théorème, chaque jour qui passe est une envie de dire je t’aime.

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Up, down, turn around. Please don’t let me hit the ground.

Nous vivions une drôle d’époque. Tout était industrialisé, nous portions tous le même jean made in China, buvant du Coca-Cola américain tout en pianotant nos téléphones Taiwainais; la promotion du culte des apparences avait poussé les actrices pornos à s’habiller comme des collégiennes dans un premier temps, mais c’était avant que les collégiennes ne s’habillent comme des actrices porno. On nous vendait du sexe dans les publicités pour le yahourt, le sous-vêtement féminin se devait d’être le plus petit possible tandis que son pendant masculin était facturé vingt fois sa vraie valeur car il était indispensable d’avoir un grand nom inscrit dessus. On portait des pantalons trop grands qui nous donnait l’air de s’être chié dessus afin de plaire à d’autres attardés qui, comme nous, trouvaient ça normal de perdre sa virginité à 14 ans dans les toilettes des boîtes de nuit. Emmener sa copine à McDonald’s devait peu à peu devenir le comble du romantisme dans la population jeune que les médias nous vendaient comme tellement belle, tellement bien, tellement plus cool que la génération précédente qui, décidément, n’avait rien comprit.

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Go ahead! Say it! You’re leaving…

Solitude intermittente, dépaysement de courte durée, les choses ici ne sont pas si différentes mais n’ont pourtant rien à voir. Après un faux départ, mon année semble avoir trouvé son rythme de croisière. Toujours rien de très neuf sous le soleil absent, le vide qui grandit au fur et à mesure que les nuages couvrent l’astre sus-nommé. Mon regard embrumé par des nuits trop courtes passées à rien faire, la pluie tombe et emporte le mégot que je viens de jeter au sol. Demi-tour, démarche lente de celui qui ne va nulle part, pleine lune, des rires au loin et contraste entre deux mondes. Routine subie, pensées éloignées du réel. Le générique est bel et bien finit, je suis l’acteur de la suite bidon de ce qui fut ma vie. Ça n’intéresse personne, il n’y a rien à en dire.

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Does anybody know what we are living for?

Nouvel épisode dans une vie perdue, ne pas vraiment savoir mais continuer de marcher. Tout commence ici, et il me faudra partir sur de solides fondations pour dresser l’immeuble de ma vie par delà les cimes. Et si on mettait sur pause ? Le générique a défilé, les acteurs sont partis. Le film de ma vie tombait en miette, mais un nouveau casting fait son apparition. Si on pourrait reléguer assez vite mes nouveaux camarades au rang de seconds rôles, malgré une ambiance certes sympathique, on ne peut pas en dire autant de tous.

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Et tu réapparais comme si je t’attendais… alors va te faire.

On aurait pu continuer comme ça, à cacher au fond de nous ce qui ne va pas, jouer la bande de potes sans faille, j’aurais pu y croire pourtant jusqu’à ce que ça me tombe sur la gueule. L’idylle s’envole lentement et on se rend compte que nos compagnons ne sont, finalement, que des hommes. Déception quelque-part attendue quand on y pense, je repars avec l’esprit léger de ceux qui n’ont plus grand-chose à perdre.

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Can’t you see? I beg and plead…

La mélancolie qui s’installe, par allées et venues encore et encore dans ma tête, à ne pas savoir, peut-être qu’on oubliera tout ça un jour. Si le temps pouvait se remonter, revivre depuis avril, ces trois mois en repeat jusqu’à la fin des temps. Revoir encore tous ces gens, nos sourires et ta beauté qui se fond sur un arrière-plan de pourvu que ça ne s’arrête pas, ne plus jamais se quitter. Vous et nous, parce qu’ils sont ma vie pour toujours et jamais. Parce que je m’en contrefout d’avoir l’air ridicule, je les aime plus que tout.

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